Quelles énergies demain ?

Alors que la Commission Européenne entend poursuivre la dérèglementation du secteur, quelles seront les énergies de demain, et quel avenir sera réservé aux Entreprises des IEG et à leur modèle social ?

Dérèglement climatique, fin des énergies fossiles, montée en puissance des énergies non renouvelables : le secteur de l’énergie est en pleine mutation. Avec son « Quatrième paquet » d’essence libérale, la Commission Européenne entend définir un nouveau marché. Mais quel sort est réservé aux Entreprises et aux salariés du secteur ?

Une nouvelle étape de dérèglementation

En mettant en avant la lutte contre le réchauffement climatique, le « Quatrième paquet Énergie » se veut consensuel. Mais derrière ses objectifs (réduire les gaz à effet de serre de 40 %, atteindre un mix énergétique dont 27 % du total sera renouvelable, diminuer de 30 % l’énergie consommée, etc), la Commission Européenne n’entend rien moins que poursuivre sa politique de dérèglementation du secteur.

Dans ses cartons, la fin des tarifs réglementés et de l’égalité de traitement, la privatisation des concessions hydroélectriques, la possibilité de morceler la distribution, et une sécurité d’approvisionnement placée au niveau supranational.

Pas un mot, par contre, sur le volet social lié au démantèlement des filières historiques. Que vont devenir les 140 000 salariés des IEG avec ce projet qui menace leur travail et le modèle social de 1946 ?

64 milliards d’euros aux actionnaires

Dans le secteur de l’Énergie, pourtant, la dérèglementation ne présente pas un bilan tout rose. Engagée à la fin des années 90, elle s’est révélée catastrophique pour l’usager : le prix du gaz a cru de
75%, celui de l’électricité de 30%. Du côté des entreprises, les suppressions d’emplois et la dégradation du service public sont dénoncées par toutes les organisations syndicales… tandis que, depuis 2004, plus de 64 milliards d’euros ont été versés aux actionnaires, au détriment de la baisse des prix et de l’amélioration des services.

Même la Commission de Régulation de l’Énergie, généralement bienveillante à l’égard de la Commission Européenne, tique devant les accents trop libéraux de ce «Quatrième paquet». Et préconise d’autres voies pour diminuer l’empreinte écologique des entreprises et conserver une électricité fiable et abordable, tout en respectant les missions de service public.

Les gaziers et électriciens ne peuvent être tenus à l’écart des enjeux de cette mutation, tant l’évolution du modèle social, économique et politique de l’énergie impactera leur cadre de vie.

Avec cette question : mesurant chaque jour combien l’énergie n’est pas une marchandise comme les autres, les agents des IEG n’ont-ils pas toute légitimité pour défendre un service public modernisé, placé sous maîtrise citoyenne ?

Paul Corinthe

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